Le Parc Naturel Régional (PNR) des Vosges du Nord couvre un territoire de 111 communes à cheval sur le Bas-Rhin et la Moselle, classé Réserve de Biosphère Transfrontière avec l’Allemagne. C’est un territoire forestier et légèrement montagneux : on y trouve d'innombrables collines, un beau relief, du dénivelé et des vallées creusées.
Le territoire est reconnu sur les listes vertes de l’UICN, avec un patrimoine naturel important (faune, flore et milieux naturels). On y retrouve aussi un patrimoine bâti typique alsacien (maisons à colombages) et lorrain. Ce patrimoine attire donc de nombreux touristes. Le suivi des fréquentations et l'analyse des données de comptage de visiteurs apportent des informations précieuses pour la gestion de la région.
Côté tourisme, c’est un territoire de randonnée avec une vingtaine de musées (dont des sites verriers : Lalique, Cristallerie Saint louis, Site verrier de Meisenthal, ...) qui attirent les promeneurs. La fréquentation est principalement locale, avec des visiteurs venant surtout de Strasbourg, de Metz et d’Allemagne — un contexte où disposer d’un observatoire territorial aide à comparer les saisons touristiques et mieux comprendre les flux de visiteurs.
Pour comprendre les défis du PNR et la manière dont les données de fréquentation peuvent y répondre, nous avons interrogé Noémie Thomas, Chargée du Plan de Paysage au sein du pôle Aménagement, Développement Tourisme, afin de mieux connaître la fréquentation d’un parc et partager des données de fréquentation utiles aux décisions.
Avant l'accès à une base de données de comptage de piétons fiable, plusieurs limites freinaient la décision :
Dans le cadre global de l’étude de fréquentation de l’ensemble du Massif des Vosges menée par la Région Grand Est, le PNR a déployé et mobilisé des dispositifs de comptage et d’analyse de données dans une logique “réseau” et partenariale :
Sur les sites historiques, les données de comptage de piétons ont permis de mesurer les évolutions avant, pendant et après le COVID.
Avec deux ans de données sur le GR53, il n’y a pas forcément eu de grandes surprises sur le niveau de fréquentation mais une hausse appréciable. D’autre part, les mesures ont permis de mettre des chiffres sur des ressentis de fréquentation comme celui de la Petite Pierre : les gestionnaires n’avaient pas forcément conscience que le sentier y était aussi fréquenté.
Les gestionnaires ont pu observer de vraies disparités sur le territoire. Sur le GR53, la fréquentation a augmenté de +20 % entre 2022 et 2025, alors que d’autres sites sont plutôt en baisse après la forte hausse post-COVID (2024 a été une année très pluvieuse).
C’est un outil d’analyse utile pour adapter les futurs projets : il n’y a pas forcément de surfréquentation comme sur d’autres sites vosgiens, mais les chiffres permettent de rassurer les élus en partageant les données, et offrent aussi la possibilité de comparer avec d’autres territoires et saisons touristiques.
Sur un château équipé d’un compteur de fréquentation depuis 2015, un projet de réaménagement paysager a été étudié sur l’étang situé en dessous. Cela a permis d’estimer la fréquentation de randonnée autour de l’étang, ainsi que le ratio entre baigneurs / randonneurs, afin de dimensionner le parking et les circuits autour.
Un autre site très connu, le “Petit Colorado”, connaît une hausse de fréquentation importante depuis le COVID, comme site “instagrammable” et qui attire beaucoup. Le village étant en cul-de-sac, les locaux et riverains se plaignent de la fréquentation. L’analyse de données et l’analyse de flux permettront de dimensionner le réaménagement du village, des accès et des espaces d’accueil du public (parking, circulation piétonne, …).
Un système de mesure des flux Eco-Compteur a été installé sur un site de la Réserve Naturelle Nationale des Rochers et Tourbières du Pays de Bitche interdit d’accès. L’identification de visiteurs sur ce site normalement protégé a permis de justifier un réaménagement pour empêcher le passage puis d’en suivre l’efficacité pour le réajuster, en lien avec l’impact biodiversité.
Les pics de fréquentation peuvent être liés à un événement particulier : il est important d’identifier les pics et les mois les plus fréquentés (via Eco-Visio, le logiciel dédié d'analyse de données) pour ajuster certains événements ou propositions touristiques. Dans le cadre du programme Quiétude Attitude, il est utile de savoir que les pics de fréquentation correspondent aussi à la période de nidification pour les Faucons pèlerins et que des actions de sensibilisation pour les randonneurs doivent être mises en place.
Dans les apprentissages, Noémie Thomas met en avant l'importance de bien placer le système pour être sûr de ce qu’on mesure (Eco-Compteur du GR53) : l’emplacement choisi au début est vraiment à réfléchir avec attention. Autre commentaire :
“Plus que la fréquentation absolue, le plus intéressant de notre point de vue est l’évolution de cette fréquentation année après année, et au fur et à mesure de la saison”, Noémie Thomas
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