Challenge
Avant la mise en place d'un diagnostic basé sur la donnée, le département manquait d'éléments factuels pour :
- Identifier les itinéraires piétons prioritaires en fonction des flux réels d'usagers
- Évaluer objectivement la qualité des espaces piétons existants
- Justifier les investissements en infrastructure auprès des élus et partenaires
- Mesurer l'impact des aménagements sur les pratiques de déplacement
Sans ces données, les décisions reposaient sur des estimations subjectives, rendant difficile la priorisation des projets et l'allocation efficace des budgets dédiés à la marchabilité.
Solutions
Le département s'est appuyé sur l'expertise du CEREMA (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement) pour réaliser une évaluation qualitative approfondie de la marchabilité sur six sites pilotes du territoire.
Le CEREMA a développé une méthodologie structurée pour évaluer la qualité des espaces piétons :
- Diagnostic en marchant : Une grille d'analyse validée avec le Conseil départemental a permis d'établir un état des lieux précis sur chaque site
- Approche multicritère : L'évaluation porte non seulement sur l'accessibilité, mais aussi sur le climat, l'ambiance, le confort d'usage (ombrage, mobilier) et l'esthétique
- Collaboration avec l'UVSQ : Les étudiants de l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines ont apporté un regard neuf et exploré des pistes innovantes
Résultats clés
- 20 km de diagnostic : L'étude a couvert 20 kilomètres d'espaces piétons avec des préconisations d'aménagement détaillées
- Niveau de qualité variable : Les résultats révèlent une grande diversité des situations selon les sites, reflétant les enjeux spécifiques du territoire
- Recommandations concrètes : Chaque site a fait l'objet d'une fiche présentant des aménagements "vitrines" de la marchabilité
Plus d'information sur le diagnostic réalisé ici.
L’analyse des flux piétons au Métro Robespierre avec VisitorFlow
Le CD 93 a également travaillé avec Eco-Compteur pour la réalisation d’une étude VisitorFlow entre juillet 2023 et janvier 2024. Le rapport analyse la fréquentation piétonne autour de la station de métro Robespierre à Montreuil. Elle repose sur une méthodologie combinant des données de comptage automatique (collectées grâce à notre compteur caméra CITIX-AI, utilisant l’Intelligence Artificielle pour compter et classifier plusieurs pratiques) et des données issues de la téléphonie mobile. Les données de terrain sont utilisées pour ajuster les estimations des flux piétons basées sur les données de téléphonie mobile, renforçant ainsi la fiabilité des résultats.
L’étude a permis de :
- Mesurer les flux piétons quotidiens
- Analyser les distances parcourues
- Observer les vitesses de déplacement
- Identifier les bassins de vie

Extrait du rapport VisitorFlow réalisé pour le CD93
Résultats
Ce que les données ont révélé
L'analyse des flux piétons via l'étude VisitorFlow a mis en évidence des comportements de déplacement et permis d'identifier les besoins d'aménagement prioritaires :
- Fréquentation : La fréquentation moyenne est de 12 865 entrées par jour. Les jours ouvrables concentrent la majorité des flux. Un volume d'usagers important concentré autour de la station Robespierre, confirmant son rôle de hub de mobilité
- 559 m parcourus en moyenne : Des trajets courts qui justifient l'importance d'aménagements de proximité
- 3 km/h de vitesse moyenne : Une vitesse plus faible que celle habituellement utilisée pour les aménagements, révélatrice d’un environnement urbain spécifique
- 73 % des usagers à moins de 10 min à pied : Une forte concentration des déplacements piétons dans un rayon de proximité immédiate, ce qui souligne un usage local et de proximité
Impact : Décisions et actions engagées
Les enseignements de l’étude VisitorFlow et du diagnostic mené avec le CEREMA ont permis d'alimenter la stratégie et le Plan Marche « Un pas de plus en Seine-Saint-Denis », adopté le 22 mai 2025. Celui-ci est structuré autour de trois axes d'intervention :
- Axe 1 : Prioriser, évaluer et encadrer (Identification des itinéraires piétons prioritaires, Mise en place d'indicateurs mesurables pour suivre la qualité des espaces piétons dans la durée, grille d'analyse standardisée pour évaluer systématiquement les projets d'aménagement)
- Axe 2 : Réparer, préparer et innover (Priorisation des interventions sur les infrastructures dégradées identifiées lors des diagnostics, Création d'itinéraires confortables dans un rayon de 10 minutes à pied autour des pôles de transport, en cohérence avec les 73% d'usagers identifiés dans cette zone, Expérimentation de nouveaux types d'aménagements adaptés aux vitesses de déplacement réelles (3 km/h vs 5 km/h habituellement considérés)
- Axe 3 : Mobiliser et communiquer (Utilisation des données comme outil de dialogue avec les élus, les communes et les partenaires, Valorisation des aménagements réalisés pour encourager la pratique de la marche; Partage des méthodologies et des résultats avec les communes du territoire)
Apprentissages
L'expérience menée par le Département de Seine-Saint-Denis offre des enseignements précieux pour d'autres territoires souhaitant développer une politique de marchabilité fondée sur la donnée.
Leçon 1 : La combinaison de méthodes qualitatives et quantitatives enrichit le diagnostic
L'alliance entre l'évaluation qualitative du CEREMA (diagnostic en marchant, analyse multicritère) et les données quantitatives de flux (comptages automatiques, données de téléphonie mobile) permet d'obtenir une vision complète et nuancée de la réalité piétonne.
Leçon 2 : Les hypothèses initiales doivent être confrontées aux données terrain
La vitesse moyenne de déplacement observée (3 km/h) diffère significativement des standards habituellement utilisés dans les aménagements (5 km/h). Ce constat illustre l'importance de mesurer les comportements réels plutôt que de s'appuyer uniquement sur des normes génériques. Chaque territoire a ses spécificités qui nécessitent des données locales pour concevoir des aménagements adaptés.
Leçon 3 : La donnée comme outil de dialogue et de mobilisation
Au-delà de leur utilité technique, les données piétonnes constituent un puissant outil de dialogue avec les élus, les services techniques, les communes et les habitants. Elles permettent de dépasser les opinions subjectives, de créer un langage commun et de fédérer les acteurs autour d'une vision partagée de la marche en ville.
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