Défis
Avant cette étude, le CDL faisait face à plusieurs difficultés :
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Manque de “vérité terrain” homogène pour comparer des sites très différents.
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Hétérogénéité des sites (Méditerranée, façade Atlantique, Manche, sites proches de stations balnéaires, etc.) impliquant des comportements de visite très variés.
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Définition d’une “visite” complexe : périmètres parfois difficiles à tracer, frontières administratives (cadastre), zones d’usage proches mais peu pertinentes pour l’analyse (campings, zones résidentielles, trafic de transit).
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Impossibilité opérationnelle de quadriller toutes les entrées et sorties avec des compteurs sur l’ensemble des sites.
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Variabilité statistique très forte, en cumulant toutes les estimations de visite sur chaque site à l’échelle nationale
Au-delà de l’exercice de mesure, le Conservatoire cherchait également une méthode réplicable d’un site à l’autre, afin de pouvoir comparer les sites entre eux, et suivre leur évolution dans le temps avec une base homogène.
Solutions
L’équipe Data d’Eco-Compteur a travaillé avec le Conservatoire du Littoral en 2025 pour proposer un rapport sur mesure et une approche innovante combinant pour la première fois à cette échelle traces GPS et données de comptage pour s’appuyer sur une vérité terrain.
Panel de référence (“vérité terrain”)
La première étape de l’étude a été de constituer un panel de référence s’appuyant sur des systèmes de comptage fiables :
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Travail important de validation & reconstruction des données manquantes, en utilisant la méthodologie scientifique validée par nos équipes Data et revue par des pairs
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Identification des sites où le nombre et la qualité de compteurs permettaient de disposer d’une référence solide.
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Constitution d’un panel d’une vingtaine de sites présentant une diversité de typologies et de contextes.
La question-clé : pour un “mobinaute” (trace GPS) détecté, combien de visites réelles cela représente-t-il en réalité ? Ce ratio pouvant fortement varier selon les sites.
Un point déterminant : l’existence d’une base de compteurs déjà en place. Sur environ 680 sites, près de 150 possédaient déjà des données pour constituer un panel de référence solide.
Facteurs explicatifs de la variabilité
Pour expliquer les écarts entre traces GPS et visites totales (taux de pénétration), l’analyse a exploré un grand nombre d’hypothèses liées à la nature du site analysé (42 variables au total). Après analyse de ses variables et identification de leur pertinence à prédire la fréquentation réelle à partir de l’échantillon de traces GPS, les quatre variables les plus pertinentes suivantes ont été retenues :
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La présence et la nature de points d’intérêt dans la zone étudiée (stationnements, etc.)
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Les aménagements et la configuration du site (par exemple, étendues d’eau)
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La densité / surface de petits chemins (maillage de sentiers)
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Et bien sûr le volume de traces GPS sur la zone
Extrapolation à l’ensemble des sites
Ces facteurs explicatifs ont servi de base pour l’entraînement d’un modèle capable de prédire de façon fiable les fréquentations sur une zone ou un tronçon donné.
L’objectif était de pondérer les données mobiles par des données terrain, avec une méthodologie reproductible, pour garantir la cohérence des estimations au fil des années.
Le rapport fourni pour le Conservatoire du Littoral a ainsi produit une estimation de la fréquentation globale (nombre total de visites) des 600 sites. Les résultats ont été présenté au Conseil Scientifique du Conservatoire du Littoral.

Ce que l’étude a révélé
Cette étude a permis de passer d’une estimation basée sur le ressenti à une démarche plus robuste et réplicable, fondée sur une calibration, un panel de référence et des modèles de prédiction de la fréquentation à l’échelle d’une zone d’intérêt ou d’un tronçon.
Cette méthodologie a permis de produire une vision globale de la fréquentation à l’échelle du CDL, tout en identifiant les limites où une approche “au cas par cas” reste nécessaire. Également de mettre en évidence les conditions de réussite pour un résultat de qualité : qualité du panel et définition pertinente des périmètres. Le retour terrain des responsables territoriaux du Conservatoire du Littoral a été très importante tout au long du projet pour aider à identifier les points d'attention et limites grâce à leur expertise du terrain.
Fréquentation annuelle : 80 millions de visites
Après calibrage sur un panel de 36 sites, le nombre total de visites pour la période de novembre 2023 à octobre 2024 sur les 473 sites retenus pour l’étude fait état de 80M de visites.
Au-delà des chiffres, les livrables ont aussi permis une appropriation locale : un atlas a été remis à chaque gestionnaire de site, mettant en lumière des comportements de visite parfois inattendus, utiles pour mieux communiquer avec les usagers sur les particularités du territoire.
Apprentissages
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Une approche à grande échelle nécessite une calibration explicite entre traces GPS et mesures de comptage.
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La construction du panel doit intégrer des sites très fréquentés, modérément fréquentés, et peu fréquentés, afin d’améliorer la robustesse des modèles de prédiction.
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La relation entre traces GPS et visites totales varie fortement selon les sites, et dans le temps : un même volume de traces peut correspondre à des niveaux de fréquentation très différents en fonction de sites, et en fonction de la saison. En conséquence, les modèles doivent pouvoir gérer une forte variabilité spatiale et temporelle (saisons, usages, conditions locales). C’est un enseignement important tiré de l’étude qui alimente notre réflexion pour l’intégration dans la plateforme VisitorFlow logicielle (SaaS)
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Les facteurs “terrain” (points d’intérêt, configuration, cheminements) semblent déterminants pour expliquer les différences de taux de pénétration.
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La définition géographique d’un “site” influence directement la robustesse des estimations (périmètres, zones adjacentes d’usage).